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The Azrieli Foundation

Producer

The Azrieli Foundation is a Canadian philanthropic organization that supports a wide range of initiatives and programs in the fields of education, architecture and design, Jewish community, Holocaust commemoration and education, scientific and medical research, and the arts. Their Holocaust Survivor Memoirs program was established in 2005 to collect, preserve and share the memoirs and diaries written by survivors of the twentieth-century Nazi genocide of the Jews of Europe who later made their way to Canada.

memoirs.azrielifoundation.org

Usability Matters

Design

Usability Matters is an award-winning user experience design studio delivering exceptional screen-based experiences for all kinds of users. From strategy through design and research, UM works with clients in the arts, healthcare, logistics, not-for-profit, publishing, travel and more.

Riddle Films

Producer

Riddle Films are producers dedicated to capturing the worlds of the performing arts and culture and making them accessible to as broad an audience as possible. Their work airs on television screens, online and at film festivals around the world, including CBC, Bravo, PBS, YLE, Canal+, the Toronto International Film Festival, the Sundance Film Festival, the Rotterdam International Film Festival, and New York’s Museum of Modern Art.

www.riddlefilms.com

Caffeine creations

Development and Consulting

My name is Sean Smith and I am an expert developer with Craft CMS. I work with you to make the author experience intuitive and a pleasure.

Working with specialists in graphic design, javascript, HTML & CSS I build beautiful and highly functional web sites. With over 15 years experience building web sites I have the skills and knowledge you need to ensure that your site is professionally built and easy for you to update.

Caffeine Creations

Kitty Salsberg & Ellen Foster

Les sƓurs Kitty Salsberg et Ellen Foster sont nĂ©es en Hongrie. Elles survivent dans le ghetto de Budapest cachĂ©es dans un abri. Elles immigrent au Canada en 1948. Kitty habite Ă  Toronto, et Ellen Ă  Los Angeles.

Amek Adler

Amek Adler est né à Lublin, en Pologne, en 1928. Il fut libéré en 1945, aprÚs plusieurs années dans des camps de concentration et de travaux forcés. Il est arrivé au Canada avec sa femme Ruth en 1954. Amek est décédé en 2017.

Leslie Mezei

Leslie Mezei was born in 1931 and grew up in GödöllƑ, Hungary. He survived the Holocaust in Hungary by staying on the move and posing as a non-Jew. He came to Canada in 1948 and lives in Toronto.

Sam Weisberg

Sam Weisberg was born as Avraham Gajer in ChorzĂłw, Poland, in 1927. He survived several Nazi camps, including Plaszow. He came to Canada in 1955. Sam passed away in 2019.

Johnny Jablon

Ephroim “Johnny” Jablon was born in Krakow, Poland, in 1926. He survived several forced labour and concentration camps. He came to Canada in 1948.

Margrit Rosenberg Stenge

Margrit Rosenberg Stenge est nĂ©e en 1928 Ă  Cologne en Allemagne. Elle a survĂ©cu Ă  l’Holocauste avec ses parents, en trouvant refuge en NorvĂšge puis en SuĂšde. Margrit a Ă©migrĂ© au Canada en 1951. Margrit est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2021.

Maxwell Smart

Maxwell Smart was born in Buczacz, Poland, in 1930. He survived the Holocaust by escaping deportation and hiding in a forest. He came to Canada in 1948 and lives in Montreal.

Joseph Schwarzberg

Joseph Schwarzberg was born in Leipzig, Germany, in 1926. He survived the Holocaust by assuming a false identity and worked for the Resistance in France. He came to Canada in 1968.

Anita Ekstein

Anita Ekstein was born in 1934 in LwĂłw, Poland (now Ukraine). She was smuggled out of the Skole ghetto and was hidden with Polish Catholics during the Holocaust. She came to Canada in 1948 and lives in Toronto.

Tibor Benyovits

Tibor Benyovits was born in 1932 in Budapest, Hungary. He survived the war working for an underground Zionist organization. He came to Canada in 1962. He passed away in 2020.

Arthur Ney

Arthur Ney est nĂ© en 1930 Ă  Varsovie, Pologne. Pendant la guerre, il vit au ghetto de Varsovie mais en sort avant le dĂ©but de l’Insurrection et reste cachĂ© dans un orphelinat. Il part s’établir au Canada en 1948. Arthur est dĂ©cĂ©dĂ© en 2016.

Anka Voticky

Anka Voticky est nĂ©e en 1913 en TchĂ©coslovaquie. Elle survit Ă  l’Holocauste avec sa famille en trouvant refuge Ă  Shanghai, en Chine. En 1948, la famille s’établit Ă  MontrĂ©al, au Canada. Anka est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2014, Ă  100 ans.

Leslie Vertes

Leslie Vertes est nĂ© en 1924 Ă  Ajak en Hongrie. RĂ©sidant Ă  Budapest durant l’Holocauste, il a pu survivre en empruntant une fausse identitĂ©. À l’issue de la guerre, les forces soviĂ©tiques l’envoient en captivitĂ© dans diffĂ©rents camps de travaux forcĂ©s. AprĂšs l’Insurrection hongroise de 1956, Leslie immigre Ă  MontrĂ©al oĂč il vit encore aujourd’hui.

Elsa Thon

Elsa Thon est nĂ©e en 1923 en Pologne. Durant la guerre, elle parvient Ă  sortir du ghetto de Cracovie mais elle est arrĂȘtĂ©e et envoyĂ©e au camp de PlaszĂłw. LibĂ©rĂ©e, elle part en Argentine en 1955, puis au Canada en 1980. Elsa est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2019.

Rachel Shtibel

NĂ©e en 1935, Rachel Shtibel a passĂ© son enfance Ă  Turka, un village de Pologne (aujourd’hui en Ukraine). Durant l’Holocauste, Rachel et les siens sont dĂ©tenus au ghetto de KoƂomyja, puis ils survivent en clandestinitĂ© jusqu’à la LibĂ©ration. Elle s’est installĂ©e en IsraĂ«l en 1957, puis au Canada en 1968. Rachel rĂ©side Ă  Toronto.

Steve Rotschild

Steve Rotschild est nĂ© en 1933 en Lituanie. Avec sa mĂšre, il survit au ghetto de Vilnius ainsi qu’au camp de travaux forcĂ©s HKP. AprĂšs la guerre, il immigre en IsraĂ«l avec sa famille en 1949 puis part au Canada. Steve est dĂ©cĂ©dĂ© en 2020.

Maya Rakitova

Maya Rakitova est née en 1931 à Smolensk, en Russie. Elle a survécu à la guerre en se cachant en Union soviétique. Maya est arrivée au Canada en 1981 et vit à Montréal.

Felix Opatowski

Felix Opatowski est nĂ© en 1924 en Pologne. Il survit au ghetto de Lodz et Ă  plusieurs camps, dont celui d’Auschwitz. AprĂšs la libĂ©ration, il travaille dans une base amĂ©ricaine puis part s’installer au Canada en 1949. Felix est dĂ©cĂ©dĂ© en 2017.

David Newman

David Newman est nĂ© en 1919 Ă  Chmielnik, en Pologne. Pendant la guerre, il fut emprisonnĂ© dans les camps de SkarĆŒysko-Kamienna et Buchenwald. ArrivĂ© au Canada en 1951, David est dĂ©cĂ©dĂ© en 2002.

Muguette Myers

Muguette Szpajzer-Myers est née en 1931 en France. Elle survit à la guerre cachée dans le village de Champlost avec sa mÚre et son frÚre aßné. Muguette immigre au Canada en 1947. Muguette habite à Montréal.

Eva Meisels

Eva Meisels est née en 1939 en Hongrie. Quand les nazis occupent le pays, elle est enfermée au ghetto de Budapest. Elle est libérée en janvier 1945. Elle arrive au Canada en 1956. Eva et son mari, Leslie, habitent à Toronto.

Leslie Meisels

Leslie Meisels est nĂ© en 1927, Ă  NĂĄdudvar, en Hongrie. Sa famille entiĂšre survit Ă  l’Holocauste, dans divers camps de concentration. Il immigre aux États-Unis en 1958 et au Canada en 1967. Leslie est dĂ©cĂ©dĂ© en 2018.

Alex Levin

Alex Levin est nĂ© en 1932 en Pologne. Il Ă©chappe Ă  un massacre de masse dans son village et survit Ă  l’Holocauste dans les bois. AprĂšs la guerre, il rentre dans l’ArmĂ©e soviĂ©tique. Il s’installe au Canada en 1975. Alex est dĂ©cĂ©dĂ© en 2016.

Nate Leipciger

Nate Leipciger est nĂ© en 1928 Ă  ChorzĂłw (Pologne). Durant l’Holocauste, il a Ă©tĂ© dĂ©tenu dans une succession de ghettos et de camps nazis, dont Auschwitz-Birkenau. Il a survĂ©cu avec son pĂšre et, ensemble, ils ont immigrĂ© au Canada en 1948. Nate rĂ©side Ă  Toronto.

Michael Kutz

Michael Kutz est nĂ© en Pologne en 1930. RĂ©chappĂ© d’une fosse d’exĂ©cution, il survit Ă  la guerre cachĂ© dans les bois avec des partisans biĂ©lorusses. Il immigre au Canada dans les annĂ©es 1950. Il est dĂ©cĂ©dĂ© en 2020.

Helena Jockel

Helena Jockel est nĂ©e en 1919 Ă  Mukacheveen TchĂ©coslovaquie (aujourd’hui en Ukraine). Elle a Ă©tĂ© internĂ©e Ă  Auschwitz en 1944 et a survĂ©cu Ă  une marche de la mort. AprĂšs sa libĂ©ration, Helena est retournĂ©e en TchĂ©coslovaquie. Elle a Ă©migrĂ© au Canada en 1988, oĂč elle est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2016.

Andy RĂ©ti

Andy Réti est né en 1942 à Budapest, en Hongrie. Lui et sa mÚre ont survécu au ghetto de Budapest. Ils sont arrivés au Canada suite à l'Insurrection hongroise et se sont installés à Toronto.

Ibolya Grossman

Ibolya Grossman est née en 1916 à Pécs, en Hongrie. Elle a survécu au ghetto de Budapest en compagnie de son fils Andy, mais son mari Zolti est mort dans un camp de travaux forcés. Ibi est arrivée au Canada en 1957. Elle est décédée en 2005.

Elly Gotz

Elly Gotz was born in Kovno (Kaunas), Lithuania, in 1928. He survived the Kovno ghetto and the Kaufering subcamp of Dachau. After the war the Gotz family moved to Norway, then Zimbabwe, before Elly settled in Toronto in 1964.

René Goldman

RenĂ© Goldman est nĂ© au Luxembourg en 1934. Il a survĂ©cu en se cachant dans un foyer d’accueil, dans un pensionnat religieux et au sein de petits villages en France. AprĂšs la guerre, il a parcouru le monde avant de s’installer au Canada en 1963.

John Freund

John Freund est nĂ© en 1930 en TchĂ©coslovaquie. Pendant la guerre, il est internĂ© d’abord au camp de Terezin puis Ă  celui d’Auschwitz. Orphelin de guerre, John immigre au Canada en 1948. Il rĂ©side Ă  Toronto.

Marguerite Élias Quddus

Marguerite Élias Quddus est nĂ©e en 1936 Ă  Paris en France. Durant l’Holocauste, Marguerite et sa sƓur ont Ă©tĂ© cachĂ©es dans des couvents et des fermes. Son pĂšre a Ă©tĂ© dĂ©portĂ© et assassinĂ© Ă  Auschwitz-Birkenau. Elle a immigrĂ© au Canada avec son mari en 1967, ils vivent aujourd’hui Ă  Longueuil prĂšs de MontrĂ©al.

Marian Domanski

Marian (Finkelman) Domanski est nĂ© en 1928 en Pologne. Il s’évade du ghetto d’Otwock puis, se faisant passer pour un non-Juif, devient berger et travaille de ferme en ferme. Il immigre au Canada en 1970. Marian est dĂ©cĂ©dĂ© en 2012.

Tommy Dick

Tommy Dick est nĂ© en 1925 en Hongrie. Il survit aux bataillons de travaux forcĂ©s et Ă  un peloton d’exĂ©cution. Il trouve refuge dans divers hĂŽpitaux jusqu’à l’issue de la guerre. En 1948, il immigre Ă  Calgary, au Canada, et dĂ©cĂšde en 1999.

Felicia Carmelly

Felicia Carmelly est nĂ©e en 1931 en Roumanie. Elle survit Ă  la guerre dans un camp en Transnistrie. Felicia et sa famille Ă©migrent en IsraĂ«l puis s’installent au Canada trois ans plus tard. Felicia est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2018.

Max Bornstein

Max Bornstein est nĂ© en novembre 1921 en Pologne. Il vit Ă  Winnipeg puis part pour Paris en 1933. Pendant la guerre, il est arrĂȘtĂ© lorsqu’il fuit en Espagne et est internĂ© dans un camp. Il revient au Canada en 1947 oĂč il dĂ©cĂšde en 2015.

Joseph Beker

Joseph Beker est nĂ© Ă  Kozowa, en Pologne, le 1er avril 1913. Il a Ă©tĂ© soldat au sein de l’armĂ©e polonaise, a survĂ©cu au ghetto de Kozowa, et a passĂ© le reste de la guerre en clandestinitĂ©. Il s’est installĂ© au Canada en 1948. Il est dĂ©cĂ©dĂ© en 1988.

Bronia Beker

Bronia Beker est nĂ©e Ă  Kozowa, en Pologne, le 9 dĂ©cembre 1920. Avec son mari, Josio, elle a survĂ©cu au ghetto de Kozowa et s’est installĂ©e au Canada en 1948. Bronia est dĂ©cĂ©dĂ© en 2015.

Claire Baum

Claire Baum est nĂ©e le 25 janvier 1936, aux Pays-Bas. Sa sƓur et elle vivent cachĂ©es chez « tante Nel », une personne non juive. Ses parents survivent Ă©galement Ă  la guerre et la famille s’établit au Canada en 1951. Claire rĂ©side Ă  Toronto.

Judy Abrams

Judy Abrams est nĂ©e en 1937 Ă  Budapest en Hongrie. Elle a survĂ©cu Ă  l’Holocauste en se cachant chez des sƓurs ursulines puis dans l’appartement d’une amie non juive de la famille, Ă  Budapest. Elle a immigrĂ© au Canada en 1949 et vit aujourd’hui Ă  MontrĂ©al.

Anna Molnår HegedƱs

Anna MolnĂĄr HegedƱs est nĂ©e en 1897 Ă  SzatmĂĄr (Hongrie, aujourd’hui en Roumanie). Elle a survĂ©cu au ghetto Ă©tabli dans sa ville natale, Ă  Auschwitz-Birkenau, aux travaux forcĂ©s en Allemagne et Ă  une marche de la mort. Anna a Ă©migrĂ© en IsraĂ«l en 1950, puis au Canada en 1952. Anna est dĂ©cĂ©dĂ©e en 1979.

Pinchas Gutter

Pinchas Gutter est nĂ© en 1932 Ă  ƁódĆș en Pologne. Il a survĂ©cu au ghetto de Varsovie et Ă  plusieurs camps de concentration, dont celui de Majdanek. AprĂšs la guerre, il a vĂ©cu en Angleterre, en France, en IsraĂ«l, au BrĂ©sil et en Afrique du Sud, avant d’émigrer au Canada en 1985.

La famille

La vie quotidienne avant la guerre

La politique et la guerre

La discrimination et les persécutions

La déportation

Les ghettos

Les camps

La violence et les massacres

La RĂ©sistance

La clandestinité

La fuite

La chance et les miracles

Les sauveurs et les Justes

La Libération

L’immigration

Les séquelles

Auschwitz

Échantillon de Collection

Les mesures antijuives

Échantillon de Collection

Les enfants cachés

Échantillon de Collection

Les sĂ©quelles de l’Holocauste

Échantillon de Collection

Judy Abrams

Amek Adler

Claire Baum

Bronia Beker

Joseph Beker

Tibor Benyovits

Max Bornstein

Felicia Carmelly

Tommy Dick

Marian Domanski

Anita Ekstein

Kitty Salsberg & Ellen Foster

John Freund

René Goldman

Elly Gotz

Ibolya Grossman

Pinchas Gutter

Anna Molnår HegedƱs

Johnny Jablon

Helena Jockel

Michael Kutz

Nate Leipciger

Alex Levin

Leslie Meisels

Eva Meisels

Leslie Mezei

Muguette Myers

David Newman

Arthur Ney

Felix Opatowski

Marguerite Élias Quddus

Maya Rakitova

Andy RĂ©ti

Steve Rotschild

Joseph Schwarzberg

Rachel Shtibel

Maxwell Smart

Margrit Rosenberg Stenge

Elsa Thon

Leslie Vertes

Anka Voticky

Sam Weisberg

La famille

La famille et la communautĂ© Ă©taient au cƓur de la vie juive en Europe avant l’Holocauste. Le noyau familial prenait alors des formes variĂ©es: certains foyers se limitaient Ă  la famille proche tandis que d’autres regroupaient des familles Ă©largies incluant les grands-parents, tantes, oncles et cousins. Les souvenirs familiaux sont souvent les plus prĂ©cieux et les plus douloureux pour les rescapĂ©s. Bon nombre ont Ă©tĂ© tĂ©moins de la souffrance et de la mort de leurs proches, alors que d’autres ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s de leurs parents, de leurs enfants ou de leurs frĂšres et sƓurs. Quelques familles, les plus chanceuses, ont pu survivre au gĂ©nocide en restant regroupĂ©es. AprĂšs la guerre, de nombreux survivants ont immigrĂ© au Canada oĂč ils ont fondĂ© une famille.

La vie quotidienne avant la guerre

Avant la guerre, le quotidien des Juifs variait considĂ©rablement selon leurs pratiques religieuses, leur statut socio-Ă©conomique, leur environnement familial et leur niveau d’intĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© europĂ©enne. Certains Juifs vivaient en tant que minoritĂ©s dans des centres urbains et d’autres Ă©taient Ă©tablis dans des shtetls — de petits bourgs ruraux Ă  population majoritairement juive. De nombreux Juifs Ă©taient trĂšs pratiquants et vivaient leur quotidien au rythme des rituels religieux, tandis que d’autres s’inscrivaient dans un judaĂŻsme laĂŻc. MalgrĂ© les disparitĂ©s au sein mĂȘme des communautĂ©s juives d’Europe, elles partageaient toutes une histoire religieuse et linguistique, des traditions culturelles et des liens familiaux.

La politique et la guerre

Les rĂ©cits des survivants montrent en quoi les Ă©vĂ©nements gĂ©opolitiques qui ont eu lieu avant et pendant la Seconde Guerre mondiale ont affectĂ© la population juive. En rĂ©action Ă  la menace nazie de plus en plus prĂ©sente, certains ont tentĂ© de se procurer des visas pour Ă©migrer dans des pays oĂč ils seraient en sĂ©curitĂ©, alors que beaucoup d’autres ont Ă©tĂ© pris de court par l’invasion et l’occupation allemande. À travers leurs mĂ©moires, nous apprenons quels ont Ă©tĂ© les dĂ©fis auxquels les rescapĂ©s ont Ă©tĂ© confrontĂ©s et comment ils ont Ă©tĂ© amenĂ©s Ă  prendre certaines dĂ©cisions. AprĂšs l’Holocauste, bon nombre de survivants ont continuĂ© Ă  ĂȘtre affectĂ©s par la situation politique dans les rĂ©gions sous contrĂŽle soviĂ©tique.

La discrimination et les persécutions

Pendant plusieurs siĂšcles, les Juifs d’Europe ont subi des vagues d’oppression et de brutalitĂ©, notamment sous la forme de pogroms – des attaques violentes commises par les populations locales. Durant l’Holocauste, les nazis ont progressivement instaurĂ© et mis en Ɠuvre une politique antisĂ©mite de discrimination et de persĂ©cutions sans prĂ©cĂ©dent en Europe. AprĂšs son avĂšnement au pouvoir en Allemagne en 1933, le rĂ©gime nazi a spoliĂ© les biens des Juifs, les a bannis des lieux publics, les a exclus des Ă©coles, du milieu des affaires et de la vie civique et publique. Dans les pays sous occupation allemande, les autoritĂ©s locales ont appuyĂ© les mesures instaurĂ©es par les nazis en mettant en Ɠuvre leurs propres politiques antijuives.

La déportation

La dĂ©portation Ă©tait le moyen mis en place par les nazis pour transfĂ©rer les populations juives d’un endroit Ă  un autre afin de leur infliger des sĂ©vices et de les assassiner. Le plus souvent, les Juifs Ă©taient expulsĂ©s de leurs foyers ou des ghettos (et d’autres lieux de rassemblement oĂč ils avaient Ă©tĂ© regroupĂ©s en vue d’ĂȘtre « rĂ©installĂ©s »), puis entassĂ©s dans des trains ou des camions et transportĂ©s vers une destination inconnue. Entre 1942 et 1944, les nazis ont dĂ©portĂ©s les Juifs de partout en Europe vers les camps de la mort nouvellement Ă©tablis en Pologne, oĂč la plupart ont Ă©tĂ© assassinĂ©s. Les Juifs ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s vers d’autres camps et sites nazis dissĂ©minĂ©s Ă  travers l’Europe et remplissant diverses fonctions.

Les ghettos

Mis en place par les nazis afin de persĂ©cuter les Juifs en Europe de l’Est et les isoler du reste de la population, les ghettos Ă©taient des quartiers dĂ©limitĂ©s au sein d’une ville ou d’un village oĂč les Juifs Ă©taient forcĂ©s de vivre. Si dans une certaine mesure, le quotidien familial et la vie communautaire Ă©taient maintenus, la faim et les maladies causĂ©es par les conditions de vie misĂ©rables atteignaient des niveaux endĂ©miques. Certains habitants des ghettos ont rĂ©ussi Ă  s’enfuir, d’autres ont rĂ©sistĂ© en ayant recours Ă  la contrebande, tandis que d’autres encore ont assistĂ© ou participĂ© Ă  des insurrections armĂ©es. Les ghettos ont Ă©tĂ© progressivement liquidĂ©s Ă  partir de 1941, et leurs habitants dĂ©portĂ©s, notamment vers les camps de mise Ă  mort.

Les camps

Durant l’Holocauste, les nazis ont dĂ©tenu des millions de personnes dans des camps qui se chiffraient par milliers. Établis Ă  travers l’Europe, ces derniers prĂ©sentaient diverses formes et fonctions: les camps de concentration visaient Ă  emprisonner les « ennemis de l’État », les camps de transit servaient Ă  rassembler les Juifs avant leur dĂ©portation, les camps de travaux forcĂ©s accablaient les prisonniers de lourdes tĂąches physiques dans des conditions terribles. Les camps de la mort Ă©taient des centres d’assassinat oĂč les dĂ©tenus Ă©taient massacrĂ©s dĂšs leur arrivĂ©e. Certains camps comme celui d’Auschwitz combinait plusieurs de ces fonctions : un camp de concentration, un camp de travail et un camp de la mort, Birkenau, crĂ©Ă© en 1942.

La violence et les massacres

À partir de 1939, de nombreux Juifs ont Ă©tĂ© tuĂ©s, victimes des sĂ©vices perpĂ©trĂ©s pendant l’invasion allemande et l’occupation de la Pologne, ainsi que dans les ghettos Ă©tablis en Europe de l’Est. Les brutalitĂ©s et les massacres ont augmentĂ© au cours de l’étĂ© 1941 avec l’attaque allemande de l’Union soviĂ©tique et la mise en Ɠuvre de la « Solution finale de la question juive » – le projet nazi d’anĂ©antissement de tous les Juifs, femmes et enfants compris. Durant la premiĂšre phase de ce massacre organisĂ©, des unitĂ©s mobiles de tuerie, qui suivaient la progression de l’armĂ©e allemande vers l’Est, assassinaient les Juifs lors de fusillades de masse. L’étape suivante de la destruction s’est opĂ©rĂ©e par la dĂ©portation des Juifs vers les camps de la mort.

La RĂ©sistance

De nombreux Juifs ont rĂ©sistĂ© en prenant part Ă  des insurrections armĂ©es dans les ghettos et camps d’Europe de l’Est, tandis que d’autres se sont Ă©chappĂ©s en forĂȘt et ont rejoint des groupes de partisans dans le but d’attaquer l’occupant. Àtravers toute l’Europe, les Juifs ont rejoint des mouvements de rĂ©sistance clandestins qui visaient Ă  sauver leurs coreligionnaires et entraver l’effort de guerre allemand. Les Juifs qui prenaient part Ă  des activitĂ©s religieuses, culturelles et Ă©ducatives malgrĂ© leur situation dĂ©sespĂ©rĂ©e se sont engagĂ©s dans ce que les spĂ©cialistes qualifient de « rĂ©sistance spirituelle ». Partout en Europe sous occupation, des non-Juifs ont Ă©galement rĂ©sistĂ© aux nazis en aidant des Juifs, et ce au pĂ©ril de leur vie.

La clandestinité

Il existait plusieurs façons de vivre dans la clandestinitĂ© durant l’Holocauste. Certains Juifs demeuraient soustraits aux regards dans des appartements, des granges, ou des abris dissimulĂ©s dans la forĂȘt. Beaucoup d’autres se sont cachĂ©s au grand jour en utilisant de fausses identitĂ©s les faisant passer pour des non-Juifs. La vie en clandestinitĂ© restait prĂ©caire car les nazis et leurs collaborateurs recherchaient les Juifs et rĂ©compensaient ceux qui les dĂ©nonçaient. Les individus abritant des Juifs, ou pris Ă  les aider, encouraient des peines trĂšs sĂ©vĂšres.

La fuite

La fuite est un thĂšme rĂ©current des rĂ©cits de survivants. Certains rescapĂ©s dĂ©crivent comment leur famille a pris la dĂ©cision de fuir les persĂ©cutions nazies ou de vivre en clandestinitĂ©. D’autres racontent comment ils ont Ă©vitĂ© de justesse l’arrestation ou la mort en s’évadant de camps, de ghettos, de prisons ou de lieux d’exĂ©cution. Pour s’échapper, il fallait faire preuve d’un grand courage et souvent bĂ©nĂ©ficier d’une aide extĂ©rieure, tout cela sans aucune garantie de succĂšs.

La chance et les miracles

Beaucoup de rescapĂ©s imputent leur survie Ă  des moments oĂč la chance et le destin ont jouĂ©. Si les survivants attribuent parfois ces instants cruciaux Ă  leur foi, Ă  Dieu ou Ă  la religion, il arrive aussi qu’ils ne puissent les expliquer. Les tĂ©moignages de survivants dĂ©montrent que certaines dĂ©cisions critiques ont Ă©tĂ© prises Ă  l’aveugle, sans pouvoir vĂ©ritablement juger des consĂ©quences. La fuite et la survie d’un individu ne peuvent ĂȘtre attribuĂ©es seulement Ă  ses qualitĂ©s personnelles (sa force ou son courage par exemple), mais plutĂŽt au fait qu’il s’est trouvĂ© au bon endroit au bon moment.

Les sauveurs et les Justes

La plupart des Juifs qui ont survĂ©cu Ă  l’Holocauste y sont parvenus grĂące Ă  l’intervention d’un individu devenu leur sauveur. Les sauveurs avaient diffĂ©rentes motivations : certains souhaitaient aider un ami ou un ĂȘtre cher, d’autres y voyaient une obligation morale ou religieuse, et d’autres encore avaient rejoint des rĂ©seaux de sauvetage et de rĂ©sistance complexes afin de secourir les personnes en dĂ©tresse. Ceux qui ont aidĂ© les Juifs l’ont fait au pĂ©ril de leur vie et de celle de leur famille. Yad Vashem, l’Institut commĂ©moratif de l’Holocauste en IsraĂ«l, a crĂ©Ă© le titre de Juste parmi les nations afin d’honorer les non-Juifs qui ont risquĂ© leur vie pour sauver celle de Juifs durant l’Holocauste.

La Libération

Les survivants ont recouvrĂ© leur libertĂ© Ă  des moments diffĂ©rents et dans des circonstances spĂ©cifiques. Certains sont sortis de leur cachette quand l’armĂ©e soviĂ©tique a libĂ©rĂ© les territoires de l’Est, tandis que d’autres ont pu quitter les camps quand les troupes alliĂ©es en ont pris le contrĂŽle en Europe de l’Ouest. Les Juifs qui avaient survĂ©cu en se cachant au grand jour ont attendu d’ĂȘtre en sĂ©curitĂ© pour abandonner leurs faux papiers et retrouver leur vĂ©ritable identitĂ© juive. À la LibĂ©ration, de nombreux survivants se sont retrouvĂ©s Ă  des milliers de kilomĂštres de chez eux, affaiblis par des annĂ©es de conflit et de mauvais traitements, incertains du sort rĂ©servĂ© aux membres de leur famille.

L’immigration

Les survivants de l’Holocauste n’ont pu immigrer au Canada qu’aprĂšs la libĂ©ralisation des politiques d’immigration du pays en 1947. Entre 1947 et 1949, ce sont 1 123 jeunes qui ont fait partie des premiers survivants autorisĂ©s Ă  rejoindre le Canada, dans le cadre du Projet des orphelins de guerre. Certains rescapĂ©s ont Ă©migrĂ© directement, tandis que d’autres ont vĂ©cu d’abord dans diffĂ©rents pays avant d’opter pour le Canada. S’y installer a soulevĂ© de nombreux dĂ©fis et plusieurs survivants Ă©voquent des moments d’adversitĂ©. On retrouve chez tous les survivants une mĂȘme dĂ©termination Ă  refaire leur vie malgrĂ© le traumatisme souffert par le passĂ©. Le Canada est devenu la terre d’accueil d’environ 40 000 survivants de l’Holocauste.

Les séquelles

Au lendemain de l’Holocauste, les survivants ont souvent appris qu’ils n’avaient ni foyer ni famille Ă  retrouver, alors que d’autres ont continuĂ© Ă  souffrir de persĂ©cutions dans les pays sous contrĂŽle soviĂ©tique. De nombreux rescapĂ©s ont continuĂ© Ă  ĂȘtre hantĂ©s par le traumatisme subi au long des annĂ©es de guerre. Les effets Ă  long-terme varient, allant du refus d’aborder cette pĂ©riode de leur vie aux cauchemars rĂ©currents, en passant par la difficultĂ© permanente d’accepter ce qui leur Ă©tait arrivĂ©, ainsi qu’à leurs proches. Pour certains, Ă©voquer leur douloureuse expĂ©rience est une façon d’aider les gĂ©nĂ©rations futures Ă  ne pas rĂ©pĂ©ter les erreurs commises par le passĂ©.

Auschwitz

Auschwitz a Ă©tĂ© l’un des complexes concentrationnaires les plus importants durant l’Holocauste. Il comprenait en outre le camp de la mort de Birkenau. DĂšsleur arrivĂ©e Ă  Auschwitz, les Juifs subissaient une sĂ©lection qui sĂ©parait ceux qui allaient ĂȘtre affectĂ©s aux travaux forcĂ©s de ceux envoyĂ©s directement aux chambres Ă  gaz. En 1943, les autoritĂ©s du camp ont mis en place un camp familial, permettant ainsi Ă  certaines familles de rester regroupĂ©es durant plusieurs mois avant la sĂ©lection. Les Juifs assignĂ©s aux travaux forcĂ©s devaient effectuer de lourdes tĂąches dans des conditions horribles, souffrant de la faim et hantĂ©s par l’angoisse de mourir Ă  chaque instant. Cette collection expose les expĂ©riences vĂ©cues par les survivants de ce camp.

Les mesures antijuives

En Allemagne, le rĂ©gime nazi a mis en place des lois antijuives visant Ă  humilier et stigmatiser les Juifs de façon systĂ©matique, afin de consolider l’idĂ©e qu’ils Ă©taient infĂ©rieurs aux non-Juifs. Ces premiĂšres mesures consistaient Ă  dĂ©possĂ©der les Juifs de leurs moyens de subsistance, de leurs biens, de leurs droits civiques et de leur citoyennetĂ©. Tout en Ă©tendant leur contrĂŽle sur l’Europe, les nazis ont Ă©galement instaurĂ© des lois antijuives dans les pays qu’ils occupaient, et les États collaborateurs ont appuyĂ© ces lois en dĂ©crĂ©tant leurs propres mesures et restrictions Ă  l’encontre des Juifs. Cette collection retrace les diffĂ©rentes façons dont les survivants ont Ă©tĂ© affectĂ©s par cette persĂ©cution d’État.

Les enfants cachés

Plus d’un million d’enfants juifs ont Ă©tĂ© tuĂ©s durant l’Holocauste. Ceux qui ont survĂ©cu le doivent Ă  des personnes courageuses, des institutions religieuses ou des groupes de rĂ©sistants qui ont risquĂ© leur vie pour les aider. D’autres encore ont dĂ» se dĂ©brouiller seuls, se faisant passer pour des non-Juifs Ă  l’aide de faux papiers ou trouvant refuge en forĂȘt. Certains enfants Ă©taient cachĂ©s avec leurs parents, tandis que d’autres en Ă©taient sĂ©parĂ©s. AprĂšs la guerre, les enfants cachĂ©s ont dĂ» surmonter de nouvelles difficultĂ©s, comme se sĂ©parer de la famille d’accueil, apprendre la mort de leurs parents ou retrouver leur identitĂ© juive longtemps dissimulĂ©e. Cette collection retrace les rĂ©cits d’enfants qui ont survĂ©cu en clandestinitĂ©.

Les sĂ©quelles de l’Holocauste

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs ayant survĂ©cu Ă  l’occupation nazie ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s. Bien que la fin du conflit ait mis un terme Ă  l’Holocauste, le traumatisme vĂ©cu par les rescapĂ©s a continuĂ© d’affecter leur vie dans bien des cas. Certains sont restĂ©s marquĂ©s par les cicatrices physiques et psychologiques qui ont rĂ©sultĂ© des souffrances vĂ©cues, et tout particuliĂšrement par la disparition de leurs ĂȘtres chers. Cette collection fait Ă©tat de la diversitĂ© des sĂ©quelles qui ont marquĂ© les survivants longtemps aprĂšs la fin de la guerre.