MĂ©moires

Le Programme a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par la Fondation Azrieli en 2005 afin de collecter, conserver et partager les mĂ©moires et journaux intimes rĂ©digĂ©s par les survivants de l’Holocauste qui ont immigrĂ© au Canada. Ces rĂ©cits invitent les Ă©tudiants Ă  engager une rĂ©flexion Ă  la fois approfondie et Ă©clairĂ©e sur les Ă©vĂ©nements complexes de l’Holocauste et Ă  Ă©tablir des liens porteurs de sens avec les tĂ©moins canadiens qui l’ont vĂ©cu. En dĂ©crivant le quotidien des rescapĂ©s, les mĂ©moires font ressortir la dimension individuelle de l’évĂ©nement collectif, permettant ainsi aux Ă©lĂšves de donner sens aux statistiques. Nous sommes animĂ©s par la conviction que la lecture de ces rĂ©cits personnels et intimes, ancrĂ©e Ă  une comprĂ©hension claire du contexte historique, permet d’impliquer les Ă©tudiants et de faciliter leur apprĂ©hension de l’histoire du gĂ©nocide.

Ces mĂ©moires — publiĂ©s en français et en anglais — sont distribuĂ©s gratuitement aux Ă©tablissements scolaires et aux bibliothĂšques Ă  travers le Canada. L’équipe d’éditeurs et de chercheurs du Programme vĂ©rifie avec soin l’exactitude des faits relatĂ©s et propose aux lecteurs du matĂ©riel supplĂ©mentaire : des glossaires, des introductions rĂ©digĂ©es par des experts, ainsi que des cartes. Des ressources pĂ©dagogiques bilingues sont Ă©galement mises Ă  la disposition des enseignants qui utilisent les mĂ©moires dans leur salle de classe.

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Que renaisse demain

Elsa entre en RĂ©sistance

Au milieu de l’étĂ© 1942, nous revenions des champs un jour lorsque quelqu’un m’a dit que Leah demandait Ă  me voir. Je l’ai donc rejointe aux cuisines, oĂč elle bavardait avec une femme. Il s’agissait d’Irena Adamowicz, l’une des dirigeantes du mouvement scout polonais. IndignĂ©e par les injustices commises envers les Juifs, elle faisait son possible pour aider. Elle parcourait le pays, Ă©tablissant des contacts avec les áș–aloutzim dans les grands ghettos, les informant du travail de la RĂ©sistance. Bien qu’il ait Ă©tĂ© dangereux pour les Juifs de se dĂ©placer, quelques áș–aloutzot – comme Lonka, qui Ă©tait passĂ©e Ă  la ferme auparavant – parvenaient Ă©galement Ă  mener Ă  bien leurs missions de messagĂšres. Ces agents et agentes de liaison achetaient des armes qui Ă©taient ensuite introduites dans les ghettos par les Ă©gouts. Il Ă©tait trĂšs difficile de communiquer d’un ghetto Ă  l’autre, pour discuter notamment des actions Ă  prendre en cas de massacre, mais grĂące Ă  Irena, on savait comment les autres se prĂ©paraient.

Irena s’est entretenue avec moi un moment pour m’annoncer qu’on m’envoyait Ă  Cracovie. AprĂšs m’avoir demandĂ© ce que je pensais de la RĂ©sistance, elle a voulu savoir si je connaissais des priĂšres chrĂ©tiennes. Je lui ai rĂ©pondu que j’en avais appris beaucoup par coeur, car Ă  l’école catholique que j’avais frĂ©quentĂ©e durant des annĂ©es, les Ă©lĂšves rĂ©citaient leurs priĂšres tous les matins. Irena semblait satisfaite de mes rĂ©ponses. Elle m’a ensuite donnĂ© l’adresse d’un couvent oĂč je devais envoyer une lettre Ă  la mĂšre supĂ©rieure le septiĂšme jour de chaque mois pour faire savoir que j’étais toujours en vie. Toutes les fois que la RĂ©sistance aurait besoin de moi, on me ferait signe. Elle m’a Ă©galement remis un livre de priĂšres en disant simplement : « Sois prudente et bonne chance. » C’est le seul conseil que je recevrais. Le reste de ma formation, je l’acquerrais par moi-mĂȘme sur le terrain. Je devais m’en remettre Ă  ma seule intuition pour me sortir de situations dangereuses, tout comme le font les animaux ; ils ne rĂ©flĂ©chissent pas au danger, ils le sentent proche et tĂąchent de l’éviter.

Le lendemain, des membres de la RĂ©sistance se sont organisĂ©s pour que Hela et moi nous rendions au village afin de nous faire photographier en vue de la prĂ©paration de nos papiers d’identitĂ©. Dvora m’avait prĂȘtĂ© une jolie blouse et m’avait coiffĂ©e pour l’occasion. En traversant le village, Hela et moi craignions Ă  tout moment qu’on nous reconnaisse comme Juives. Puis le photographe m’a surprise en me demandant mon nom de famille. Prise de court, j’ai lancĂ© le premier nom qui m’est venu Ă  l’idĂ©e : ElĆŒbieta Orlanska. Et c’est ce nom Ă  consonance aristocratique qui est apparu sur mes faux papiers. C’était un coup de chance, car il m’a Ă©tĂ© trĂšs utile par la suite pour obtenir d’autres documents requis par les autoritĂ©s allemandes.

Quelques jours plus tard, j’ai pris le premier train Ă  destination de Cracovie, munie d’un faux document stipulant que je venais de RzeszĂłw, ainsi qu’une lettre de Leah adressĂ©e Ă  Laban (Abraham « Laban » Leibowicz), le chef de la RĂ©sistance du ghetto de Cracovie. Hela a Ă©tĂ© envoyĂ©e dans une autre ville l’aprĂšs-midi mĂȘme.

J’ai appris aprĂšs la guerre que tous les membres de notre groupe restĂ©s Ă  la ferme Ă  CzerniakĂłw avaient Ă©tĂ© envoyĂ©s au ghetto de Varsovie environ quatre mois aprĂšs mon dĂ©part pour Cracovie. En avril 1943, quand les nazis ont donnĂ© l’ordre de rassembler tous les Juifs du Ghetto en vue d’une dĂ©portation massive, certains membres du groupe, qui habitaient au 18 rue Mila et appartenaient Ă  l’Organisation juive de combat se sont rebellĂ©s. D’autres se sont simplement dispersĂ©s. La plupart d’entre eux n’ont pas survĂ©cu.

À mes amis de CzerniakĂłw tombĂ©s au combat lors de l’insurrection du ghetto de Varsovie et Ă  ceux qui ont Ă©tĂ© pris en mission hors de l’enceinte, emmenĂ©s Ă  la Umschlagplatz – le lieu de rassemblement Ă  l’intĂ©rieur du ghetto de Varsovie – puis tuĂ©s sans pitiĂ©, je rends un hommage Ă©ternel.

From Generation to Generation

Survival in the Mountains

October 26, 1944, was a cool, rainy day in KÄŸačany. I was playing with my skipping rope when all of a sudden I heard my stepmother screaming that we had to run. We could hear bombs exploding in the distance. I panicked; everybody around me, including villagers with their cattle, began running to the forest. Instead of going inside for my warm coat, I grabbed only Ivan’s hand. My stepmother and step­-grandmother followed and we ran deep into the forest.

We met Slovak partisans in the forest who told us that the vil­lagers could return home, but that the Jews should stay. The parti­sans forced open a cottage and told the women and children to go in. We were wet, tired, hungry and pressed together like sardines. I fell asleep and had a dream in which I saved our family. I dreamt about my little green room in Bardejov, where it was nice and warm. I wanted to go into my room through a cold corridor when somebody grabbed my shoulder. It was a woman dressed like a nun and she told me not to go into my warm room, but to stay in the cold corridor. I asked, “Who are you to tell me such nonsense?” She replied, “I am your mother and I am watching over you.” I opened my eyes and felt my stepmother’s hands shaking my shoulder. She was shouting at me, “Wake up! It’s already dark outside. Grandmother wants to go back into the village and we have to join the other people who are going back.” I told her about my dream. A lady by the name of Mrs. Erdelyi was listening and said, “Sarolta, it is an omen. Don’t go back. We are staying too — let’s all stay until the morning.” My stepgrandmother was furious, calling my dream ridiculous. “Instead of going to my bed,” she argued, “I have to stay in this horrible place?”

We later heard that some of the Jews who had returned to KÄŸačany had been shot by the German soldiers who were guarding the entry into the valley. If not for my dream, we would all have died. My step­mother was very grateful for my dream and told everybody after the war about this story. For me, this incident confirmed for me what I had always known — that my darling mother was, is and always will be watching over me.

It turned out that my father had foreseen difficulties ahead. During one of his visits from Bardejov, he told me and Ivanko a huge secret. He had brought four brushes for clothes-cleaning with him, and embedded inside the brushes were plates of twenty-four-carat dental gold. Should it become necessary, we were to use the gold to save our lives. Fortunately, my stepmother had taken them with her when we escaped into the forest.

The morning after my dream, we were woken up by a very loud explosion. The partisans advised us to run even deeper into the forest because the German soldiers were getting closer. The villagers had already built several underground bunkers to sell to the Jewish refu­gees. My stepmother gave the first brush filled with gold as payment for our family to have accommodations in one of the bunkers. Several other Jewish families — including four members of the Svarin family, the five Landesmanns, the five Lippas, the five Erdelyis, and some other families — shared our bunker.

A total of twenty-nine people were crammed into a very small space. The bunker was camouflaged into the terrain so as not to be visible from the outside. It was approximately three metres by five metres. It had hardly any ventilation, just a small door that could be opened to get in and out. We slept on wooden bunk beds squeezed tightly together. We had no food supply. The first three days, when we had no food at all, Ivanko found a piece of bacon skin that had probably been thrown out by forest labourers. He and I chewed on it for two days. We melted snow for water, so at least we weren’t thirsty. After three days, we found horses frozen in the forest. The partisans had brought the horses with them from the uprising, but since they couldn’t feed them, they left them to freeze to death. Horsemeat was a huge luxury. Villagers often brought potatoes to the bunkers — which they sold to us at a very high price — and they also brought us a steel kettle so that we could cook inside the bunker on an open fire, which was also our only source of heat. Women cooked on the open fire once a day and everybody got a small portion of the food.

Not far from us was a larger bunker that was the headquarters of the partisan military unit. A doctor from the partisan headquarters warned us of the danger of a typhus outbreak and, therefore, to not use unclean melted snow for drinking water. We went out to look around and found several other bunkers containing Jews scattered around the forest within approximately fifteen minutes walking dis­tance from each other. After a few days of confusion, rules had to be established for the cohabitation of so many people, and a leader, Frankl from Preƥov, was chosen to represent all the Jews. A number of rules were set, including one that three times a day we had to bring water for cooking and drinking from a creek fifteen minutes away.

Because we didn’t have our father with us, all this work was piled up on me. My stepmother, who was thirty-eight at the time, declared that she and her mother were too old to do such hard work. Ivanko was only ten, so it was left to me, at fourteen, to go with the rest of the men from the bunker to bring water and wood for cooking and heating.

We were still able to maintain contact with the villagers and they would let us know whenever the Germans pulled out of the village for a few days. This gave us an opportunity to bring some bread, potatoes and apples from the village. It was my responsibility to go with the men on this three-hour walk to the village. I continued to do this throughout the bitterly cold winter from October to March. I also had to carry the very heavy load of food to the bunker on my back. My stepmother never offered to go in my place. When the people from the bunker said to her, “You should go instead of this child,” her excuse was that if the Germans caught her, her dark colouring made it more likely that they would suspect that she was Jewish.

During my first expedition, I went to our previous apartment to bring back a goose-feather duvet to help ease the frigid temperatures at night. My family was delighted that I had brought it back, but I never got to enjoy it. They covered themselves, not leaving enough of the duvet for me. I cried, asking my own mother to save me. The other people in our bunker were outraged at my stepmother’s behav­iour, and promised me that if we survived the war, they would tell my father what happened.

Every day we suffered from lice, hunger and cold. One day, as usual, I went with the men to get water. We would always see fresh footprints in the snow from the neighbouring bunker, but on this particular day, I saw only my friend Alice from one of the other bun­kers, and no other footprints. The adults I was walking with said, “Maybe they’re still sleeping.” At noon, when we went out for the second time, we noticed there were still no footprints, so we went to see what was going on. The sight that greeted us was the most hor­rific I’ve ever seen: the doors to the bunker were open, and approxi­mately ten feet from the bunker were the dead bodies of the families living there — sixteen children, parents and grandparents, who had probably been killed the evening before. All the bodies were already covered with snow.

In a panic, we ran from the bunker to the partisan headquarters. The partisans knew that the military gangs operating under the di­rection of former Red Army general Andrei Vlasov, who collabo­rated with the Germans, had committed many similar atrocities, and thought that this may have been some of his work. Now we knew that we had additional enemies among us and relied on the partisans to protect us. Among them were a few Jewish partisans who didn’t disclose their origins because of the strong antisemitism among their Slovak group. These undercover Jewish partisans came to the bun­kers to help us. They wanted to supply us with handguns for protec­tion against Vlasov’s forces, but none of the seven adult men from our bunker knew how to handle a gun. Instead, two men stood on guard every night. If they suspected any danger, one of them would run to the headquarters. It was a harrowing time.

De génération en génération

L’épreuve des montagnes

Le 26 octobre 1944, il faisait froid et pluvieux Ă  KÄŸačany. Je sautais Ă  la corde quand tout Ă  coup, ma belle-mĂšre nous a criĂ© de partir en courant. Nous pouvions entendre des bombes exploser au loin. J’étais affolĂ©e. Tout le monde autour de moi a commencĂ© Ă  se prĂ©cipiter vers la forĂȘt, y compris les villageois avec leur bĂ©tail. Au lieu de passer chez moi prendre mon manteau, je me suis contentĂ©e d’attraper la main d’Ivan. Ma belle-mĂšre et sa mĂšre nous ont suivis et nous nous sommes enfoncĂ©s dans la forĂȘt.

Nous y avons rencontrĂ© des partisans slovaques qui nous ont dit que les villageois pouvaient rentrer chez eux, mais que les Juifs devaient rester sur place. Les partisans ont ouvert de force une maison et ont ordonnĂ© aux femmes et aux enfants d’y entrer. Nous Ă©tions mouillĂ©s, fatiguĂ©s, serrĂ©s comme des sardines, et nous avions faim. Je me suis endormie et j’ai rĂȘvĂ© que je sauvais notre famille. Je voyais ma petite chambre verte de Bardejov, un lieu agrĂ©able, oĂč il faisait bon. Je tentais de m’y rendre en longeant un couloir froid lorsque quelqu’un m’a attrapĂ© par l’épaule : c’était une femme habillĂ©e en religieuse qui me commandait de ne pas aller dans ma chambre, mais de rester dans le couloir froid. Je lui ai demandĂ© : « Qui ĂȘtes-vous pour me dire une absurditĂ© pareille ? » Elle a rĂ©pondu : « Je suis ta mĂšre et je te protĂšge ». J’ai ouvert les yeux et j’ai vu ma belle-mĂšre qui me secouait par l’épaule. Elle criait : « RĂ©veille-toi ! Il fait presque noir dehors. Grand-mĂšre veut rentrer au village et nous devons rejoindre ceux qui s’y rendent ». Je lui ai racontĂ© mon rĂȘve. Une femme du nom de Mᔐᔉ Erdelyi Ă©coutait et elle a conclu : « Sarolta, c’est un prĂ©sage. Ne rentre pas. Nous allons faire de mĂȘme – restons ici jusqu’au matin ». Ma grand-mĂšre par alliance Ă©tait furieuse, dĂ©clarant que mon rĂȘve Ă©tait ridicule : « Au lieu d’aller dans mon lit, se plaignait-elle, je dois rester dans cet horrible endroit ? »

Nous avons appris plus tard que certains des Juifs qui Ă©taient rentrĂ©s Ă  KÄŸačany avaient Ă©tĂ© abattus par les soldats allemands qui gardaient l’entrĂ©e de la vallĂ©e. Sans mon rĂȘve, nous serions tous morts. Ma belle-mĂšre en a Ă©tĂ© trĂšs reconnaissante et a racontĂ© cette histoire Ă  tout le monde aprĂšs la guerre. Pour moi, cet incident n’a fait que confirmer ce que j’avais toujours su – que ma chĂšre maman veillait, veille et veillera toujours sur moi.

Il se trouve que mon pĂšre avait prĂ©vu les difficultĂ©s qui arriveraient. Au cours d’une de ses visites Ă  Bardejov, il nous a rĂ©vĂ©lĂ©, Ă  Ivanko et Ă  moi, un grand secret. Il avait apportĂ© quatre brosses Ă  vĂȘtements avec lui et avait insĂ©rĂ© Ă  l’intĂ©rieur des plaques d’or dentaire de 24 carats. En cas de nĂ©cessitĂ©, l’or pourrait nous sauver la vie. Heureusement, ma belle-mĂšre avait emportĂ© les brosses avec elle dans la forĂȘt.

Le lendemain matin aprĂšs mon rĂȘve, nous avons Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©s par une grosse explosion. Les partisans nous ont dit de nous enfoncer plus profondĂ©ment dans la forĂȘt car les soldats allemands se rapprochaient. Les villageois avaient dĂ©jĂ  construit plusieurs abris souterrains pour les vendre aux rĂ©fugiĂ©s juifs. Ma belle-mĂšre a donnĂ© la premiĂšre brosse pleine d’or en paiement pour que notre famille puisse s’abriter dans l’un des bunkers. Plusieurs autres Juifs – dont quatre membres de la famille Svarin, les cinq Landersmann, les cinq Lippa, les cinq Erdelyi et quelques autres – partageaient notre abri.

En tout, 29 personnes Ă©taient entassĂ©es dans ce trĂšs petit espace. Le bunker Ă©tait dissimulĂ© dans le paysage de maniĂšre Ă  ĂȘtre invisible de l’extĂ©rieur. Il mesurait environ trois mĂštres sur cinq. Il n’avait presque pas de ventilation, juste une petite porte qu’on pouvait ouvrir pour entrer et sortir. Nous dormions sur des lits superposĂ©s en bois dur, serrĂ©s Ă©troitement les uns contre les autres. Nous n’avions aucune nourriture. Les trois premiers jours, alors qu’il n’y avait rien Ă  manger, Ivanko a trouvĂ© un morceau de couenne de lard qui avait sans doute Ă©tĂ© jetĂ© par des travailleurs forestiers. Lui et moi l’avons mĂąchouillĂ© pendant deux jours. Nous avons fait fondre de la neige pour avoir de l’eau, ainsi, au moins, nous pouvions Ă©tancher notre soif. AprĂšs trois jours, nous avons trouvĂ© des chevaux gelĂ©s dans la forĂȘt. Les partisans les avaient emmenĂ©s avec eux lors du soulĂšvement, mais, comme ils ne pouvaient pas les nourrir, ils les avaient laissĂ©s mourir de froid. La viande de cheval Ă©tait un grand luxe. Les villageois apportaient souvent des pommes de terre aux rĂ©fugiĂ©s – qu’ils leur vendaient Ă  prix d’or – et ils nous avaient aussi fourni une marmite en acier dans laquelle nous pouvions faire cuire des aliments sur un feu que nous allumions Ă  l’intĂ©rieur du bunker et qui Ă©tait aussi notre seule source de chaleur. Les femmes cuisinaient une fois par jour et tout le monde avait droit Ă  une petite portion de nourriture.

Non loin de lĂ  se trouvait un grand bunker qui servait de quartier gĂ©nĂ©ral Ă  l’unitĂ© militaire des partisans. L’un des leurs, qui Ă©tait mĂ©decin, nous a mis en garde contre les dangers du typhus et nous a recommandĂ© de ne pas boire de la neige fondue, impropre Ă  la consommation. Nous sommes sortis pour explorer les alentours et nous avons trouvĂ© plusieurs autres bunkers abritant des Juifs, Ă©parpillĂ©s dans la forĂȘt, Ă  environ 15 minutes de marche les uns des autres. AprĂšs quelques jours de chaos, des rĂšgles ont dĂ» ĂȘtre Ă©tablies pour faciliter la cohabitation de tant de personnes et un chef, Frankl, de PreĆĄov, a Ă©tĂ© choisi pour reprĂ©senter tous les Juifs. Un certain nombre de corvĂ©es ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es, dont celle de se rendre trois fois par jour jusqu’à un ruisseau, situĂ© Ă  15 minutes de marche du bunker, afin de rapporter de l’eau pour faire cuire les aliments et pour boire.

Comme mon pĂšre n’était pas lĂ , tout retombait sur moi. Ma belle-mĂšre, qui avait 38 ans Ă  l’époque, a dĂ©clarĂ© qu’elle et sa mĂšre Ă©taient trop ĂągĂ©es pour un travail aussi dur. Ivanko n’avait que 10 ans, aussi me revenait-il, Ă  14 ans, la responsabilitĂ© d’accompagner les hommes du bunker pour rapporter de l’eau et du bois pour la cuisine et le chauffage.

Nous Ă©tions encore en mesure de maintenir le contact avec les villageois et ils nous faisaient savoir quand les Allemands s’absentaient du village de façon prolongĂ©e, ce qui nous donnait le temps de venir nous ravitailler en pain, en pommes de terre et en pommes. C’est encore Ă  moi qu’est revenue la corvĂ©e de faire ce trajet de trois heures avec les hommes, corvĂ©e qui a durĂ© d’octobre Ă  mars, tout au long d’un hiver particuliĂšrement rigoureux. Je devais transporter les grosses charges de provisions sur mon dos. Ma belle-mĂšre n’a jamais offert de me remplacer. Quand les autres personnes du bunker lui disaient sur un ton de reproche : « Vous devriez y aller Ă  la place de cette enfant », son excuse Ă©tait que, si les Allemands l’arrĂȘtaient, son teint plus foncĂ© que le mien dĂ©signerait clairement ses origines juives.

Lors de ma premiĂšre expĂ©dition, je suis allĂ©e rĂ©cupĂ©rer une couette en plume d’oie dans notre ancien appartement, afin de supporter les tempĂ©ratures nocturnes qui Ă©taient glaciales. Ma famille en a Ă©tĂ© enchantĂ©e, mais je n’ai jamais eu le plaisir d’en profiter. Ils se sont tous mis sous la couette sans faire de place pour moi. J’ai pleurĂ© et demandĂ© Ă  ma vraie mĂšre de me sauver. Les autres occupants du bunker Ă©taient outrĂ©s du comportement de ma belle-mĂšre et ils m’ont promis que, si nous survivions la guerre, ils mettraient mon pĂšre au courant de ce qui s’était passĂ©.

Nous souffrions quotidiennement des poux, de la faim et du froid. Un matin, je suis partie comme d’habitude avec les hommes pour aller chercher de l’eau. Tous les jours, nous pouvions voir les traces de pas laissĂ©s dans la neige par les rĂ©fugiĂ©s de l’abri voisin, mais, ce matin-lĂ , je n’ai vu que mon amie Alice, sortie d’un autre bunker plus Ă©loignĂ©, et aucune trace de pas. Les adultes avec lesquels je marchais ont dit : « Ils sont peut-ĂȘtre encore en train de dormir ». À midi, quand nous sommes sortis pour la deuxiĂšme fois, nous avons remarquĂ© qu’il n’y avait toujours pas d’empreintes, aussi sommes-nous allĂ©s voir ce qui se passait. La scĂšne qui nous attendait Ă©tait la plus horrible que j’aie jamais vue : les portes du bunker Ă©taient ouvertes et, trois mĂštres plus loin, gisaient les corps sans vie des familles qui y avaient vĂ©cu – 16 enfants, parents et grandsparents, sans doute abattus la veille au soir. Tous les corps Ă©taient dĂ©jĂ  recouverts de neige.

Pris de panique, nous avons couru vers le quartier gĂ©nĂ©ral des partisans. Ils savaient que des groupes militaires opĂ©rant sous la direction de l’ancien gĂ©nĂ©ral de l’ArmĂ©e rouge, AndreĂŻ Vlassov, qui collaborait avec les Allemands, avaient commis beaucoup d’atrocitĂ©s de ce genre et ils pensaient que, cette fois encore, ils en Ă©taient sans doute responsables. Cela signifiait que nous avions des ennemis supplĂ©mentaires et nous comptions sur les partisans pour nous protĂ©ger. Parmi ceux-ci, on trouvait quelques Juifs qui ne rĂ©vĂ©laient pas leurs origines Ă  cause du profond antisĂ©mitisme des membres slovaques de leur groupe. Ces Juifs clandestins sont venus nous voir dans nos bunkers. Ils voulaient nous aider et nous ont fourni des pistolets pour que nous nous protĂ©gions contre les forces de Vlassov, mais aucun des sept adultes de notre abri n’était formĂ© au maniement des armes. Il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© alors que deux hommes monteraient la garde tous les soirs. À la moindre alerte, l’un d’eux devait courir au quartier gĂ©nĂ©ral pour chercher de l’aide. Cette pĂ©riode a Ă©tĂ© atroce.

The Slovak National Uprising

From Loss to Liberation

We made it to open space maybe an hour later. We weren’t even hungry due to the nervous pressure. We just kept on walking in the direction we had come from. I walked with Corporal BystrickĂœ, also a Jewish soldier, who served at the outlook post like me. After an exhausting two-to-three-hour walk in the deep snow, our group arrived at Tƙi Vody, Three Waters. It is a confluence of three creeks, where three narrow roads also meet. There we found a sizable, slightly elevated wood stable; two or three steps led up to it. Since the door was unlocked, we walked in to sit down and rest.

The stable was already occupied by twenty-five to thirty partisan officers. We had been there with them, resting and talking, for maybe thirty minutes when, all of a sudden, we heard loud machine-gun shots very close to the cottage. At first we weren’t sure what was happening, but by looking through a small ventilation pipe we soon found out. We saw the Germans, who had followed our footsteps in the snow. A group of four or five of them were moving three machine guns on skis along the road, continuously firing parallel to the horse stable and the roads. There was no way out.

Some of the partisans in the stable jumped through the window and into the partly frozen creek. The Germans’ shots hit them all as they jumped out. We could see some of them fall through the ice. Some tried to run through another set of doors and into the dense forest that was only five metres away, across the narrow road. They were all hit, too, and died on the spot. Some twenty to twenty-five partisans and their officers were killed.

Corporal BystrickĂœ and I both thought: why should we run into certain death? Let them come here and shoot us. One half of the door that faced the road was partly open, so we could see the dead bodies piled up near the doors and windows. Resistance seemed useless; death seemed inevitable. The shooting stopped, but we sat on the floor and waited. It was just the two of us, waiting inside the stable for the Germans to come and open fire. But they never came.

Alone in the Storm

Flowers and Forced Labour

MiklĂłs Horthy, the Regent of Hungary, made his declaration of intent to make peace with the Allied forces, including the Soviet Union. That same day, the fascist Arrow Cross Party, with the support of the Nazi relgime, seized power in a coup. Instead of returning to his unit, George went into hiding.

Everything was in chaos. Lieutenant Ujvary called me into his office and said, “My boy, I am sorry to say that you have to pack your repair shop into boxes – everything. The unit is going far away. If you have some plans in your head, talk to Private Jozsi Denes, a gypsy soldier, and have some money ready. I wish you good luck, and if we survive this unfortunate and terrible war, we will celebrate together. What I have told you is confidential.” I shook his hand and replied, “Thank you very much, and I wish you good luck as well. You have been a real gentleman. Take care, and God bless you.”

I understood what Ujvary meant. I told Tibor and eight other close friends that I was planning an escape because, in view of the takeover of the government, the unit would almost certainly soon be forced to go to Germany to work for the war effort, and I asked them to join me. I told them we would have to pay somebody a bribe to look the other way while we escaped. We managed to put together some money that our families had given us.

The next evening, I asked Jozsi, the guard, to come to the repair shop so I could adjust the heels on his boots. I revealed our plan to him and asked for his cooperation. I gave him the money we had collected, an amount he was content with. According to our plan, he would be on duty during the morning at the side entrance, a fence of wood planks. He said he would intentionally “look the other way” for ten minutes. This would be sufficient time for the ten of us to escape by moving away a loose plank.

Everything was set. I put my repair equipment into boxes and left all my clothes hanging from the nails. At 5:00 the next morning, we left the room quietly. Jozsi was there, as he had said he would be. I was the last one to go through the fence. One of my legs was outside the fence when a German army unit, made up of about fifty soldiers, passed by. I pretended I was repairing the broken fence. The soldiers glanced at me but did not stop. In the last seconds of the ten-minute reprieve, I made it outside. What a close call!

I removed the yellow band from my arm and bid farewell to my friends. With money in hand, I boarded the first streetcar that came by. Luckily, it was almost empty and the elderly conductor did not seem to care who I was.

When I came back to Budapest after the war, I was saddened to learn that none of the friends with whom I had escaped survived the war.

Seul dans la tourmente

De Bouquets et Travaux forcés

MiklĂłs Horthy, le rĂ©gent de la Hongrie, a dĂ©clarĂ© qu’il avait l’intention de demander la paix aux AlliĂ©s et Ă  l’Union soviĂ©tique. Le jour mĂȘme, le parti fasciste des Croix flĂ©chĂ©es, avec l’appui du rĂ©gime nazi, a usurpĂ© le pouvoir par un coup d’État. Au lieu de rĂ©intĂ©grer son unitĂ©, George est entrĂ© en clandestinitĂ©.

C’était le chaos. Le lieutenant Ujvary m’a convoquĂ© dans son bureau et m’a dit : « Mon garçon, je suis dĂ©solĂ© de te dire que tu dois emballer ton atelier de rĂ©parations dans des boĂźtes – tout. Notre unitĂ© est sur le point de partir. Si tu as des projets, parles-en au deuxiĂšme classe Jozsi Denes, le Tsigane, et procure-toi de l’argent. Je te souhaite bonne chance et, si nous survivons Ă  cette maudite guerre, nous fĂȘterons ça ensemble. Ce que je t’ai dit est confidentiel. » Je lui ai serrĂ© la main et j’ai rĂ©pondu : « Je vous remercie et vous souhaite bonne chance aussi. Vous avez su ĂȘtre droit et intĂšgre. Que Dieu vous garde. »

J’ai compris le message d’Ujvary. J’ai rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Tibor et Ă  huit autres proches amis que j’envisageais de m’enfuir car, vu la prise de pouvoir du gouvernement, l’unitĂ© serait presque certainement obligĂ©e de partir prochainement en Allemagne pour travailler Ă  l’effort de guerre. Je leur ai ensuite demandĂ© de se joindre Ă  moi. Je leur ai dit que nous aurions Ă  payer une sentinelle qui accepte de fermer les yeux sur notre Ă©vasion. Nous nous sommes arrangĂ©s pour rĂ©unir le peu d’argent que nos familles nous avaient donnĂ©.

Le lendemain soir, j’ai demandĂ© Ă  Jozsi, le soldat de garde, de venir me voir Ă  l’atelier afin que j’ajuste les talons de ses bottes. Je lui ai dĂ©voilĂ© notre plan et lui ai demandĂ© sa coopĂ©ration. Je lui ai donnĂ© l’argent que nous avions rĂ©uni dont la somme a semblĂ© lui plaire. Notre plan comptait sur le fait qu’il montait la garde le matin, Ă  l’entrĂ©e secondaire dont la clĂŽture Ă©tait en planches de bois. Il a dit qu’il regarderait intentionnellement dans l’autre sens pendant 10 minutes. Ce dĂ©lai serait suffisant pour nous Ă©chapper tous les dix en dĂ©plaçant une planche mal ajustĂ©e de la clĂŽture.

Tout Ă©tait rĂ©glĂ©. J’ai placĂ© mon matĂ©riel de rĂ©parations de chaussures dans des boĂźtes et j’ai laissĂ© tous mes vĂȘtements suspendus Ă  leurs clous. À 5 heures le lendemain matin, nous avons quittĂ© la piĂšce en silence. Jozsi Ă©tait prĂ©sent, comme convenu. J’ai Ă©tĂ© le dernier Ă  passer la clĂŽture. Une de mes jambes Ă©tait Ă  l’extĂ©rieur de la palissade quand un dĂ©tachement de l’armĂ©e allemande d’environ 50 soldats a fait son apparition. J’ai immĂ©diatement fait semblant d’ĂȘtre en train de rĂ©parer la clĂŽture endommagĂ©e. Les soldats m’ont jetĂ© un coup d’oeil, mais ne se sont pas arrĂȘtĂ©s. Quelques secondes Ă  peine avant l’échĂ©ance des 10 minutes, j’ai pu me dĂ©gager et fuir. Je l’avais Ă©chappĂ© belle !

J’ai fait glisser le brassard jaune de mon bras et dit adieu Ă  mes amis. Mon argent Ă  la main, je suis montĂ© dans le premier tramway qui passait. Heureusement, il Ă©tait presque vide et le conducteur, un vieil homme, n’a pas semblĂ© se soucier de qui j’étais.

Quand je suis revenu Ă  Budapest aprĂšs la guerre, j’ai Ă©tĂ© attristĂ© d’apprendre qu’aucun des amis avec lesquels je m’étais Ă©chappĂ© n’avait survĂ©cu.

Knocking on Every Door

The Gathering Storm

November 9, 1938, was the infamous night now known as Kristallnacht. This supposedly spontaneous demonstration against Jews in all the Nazi-occupied lands was, in reality, carefully planned. The world was shocked by the vicious display of hatred and violence, and there were protests from the free world. England subsequently offered a haven for Jewish children called the Kindertransport. Our son Milan and his cousin Harry, both only four years old, were registered to go but we changed our minds about letting such small children go and took them off the list.

Many Germans were shocked by the destruction and brutality as well and the Nazis realized that such an event should not be repeated — at least not under public scrutiny. Some people didn’t approve when they saw a kindly neighbourhood merchant being beaten up, but there were others who felt that it should be done, but out of the public view. The latter was the official belief that the Nazis held until the end.

Not long after Arnold and I were married, he had opened a jewellery store in partnership with my brother Erna. Before Christmas 1938, my husband decided to close the jewellery business in Prague and sold it for next to nothing to the brother of his friend, Cenek Sykora. The transfer took effect on January 1, 1939. Arnold made this decision on the spur of the moment after an incident with a beggar. Arnold had regularly maintained the practice of distributing alms from the store on Fridays. On this particular occasion, the beggar insolently demanded more. In response, Arnold calmly and silently slid the money back into the drawer. The beggar went to the store entrance and screamed into the busy street that the Jew was beating him. A big crowd gathered, but fortunately, some police officers who knew my husband picked up the beggar and quickly ended the whole incident. But to Arnold, this was another clear sign that times were changing and that what was left of the republic would not last much longer
.

At the end of February 1939, Arnold sent my brother Vilda, who was a lawyer and not married, to Switzerland to arrange some money matters for him — Arnold had sent money and jewellery out of the country through people who were paid twenty-five cents for every dollar they smuggled out. Vilda was to wait in Switzerland to receive that money from the couriers and then deposit it in a Swiss bank. When my brother called to say that he was coming home because everything had been accomplished, Arnold told him to stay a few more days. He was lucky — a few days later, on March 15, 1939, the Nazis occupied Czechoslovakia. At least one of us was in the free world.

The day that the last remaining island of democracy in Central Europe disappeared was depressing and unforgettable. It confirmed that my husband had been right in his efforts to leave. “Go anywhere,” he would tell people, “go as far as possible.”

On that terrible Wednesday, March 15, 1939, Andulka woke me up at six in the morning and told me that Hitler’s troops were on their way to Prague. We got up and I asked her to pack a suitcase for my husband and me. The nanny was to pack a suitcase for the children. Without discussion, we decided to go to my parents
.

We had left our home in such a hurry that we hadn’t even had a chance to tell my parents that we were coming. It’s interesting to see how our family’s sense of togetherness immediately came into play. Our car was parked in front of my parents’ building and an hour later, my brother arrived with his wife, Hilda, and their baby, Eva. Erna and Hilda had gotten married on October 28, 1937, and their first daughter, Eva, was born a year later on October 29, 1938. We had all instinctively gathered there, without having called each other first. From that day on, we lived in my parents’ apartment on 18 Celetná Street, in the centre of Prague — it was upstairs from the jewellery store that Arnold had owned. As soon as we arrived, Arnold left the house to try to get exit visas for all of us. He came back that afternoon, discouraged because he had only managed to secure one exit visa — for himself
.The exit visa was valid for ten days, but in the end he had to let it expire because he wouldn’t leave without the rest of the family.

Frapper Ă  toutes les portes

Le ciel s’assombrit

La tristement cĂ©lĂšbre Kristallnacht est survenue le 9 novembre 1938. Cette manifestation prĂ©tendument spontanĂ©e contre les Juifs dans tous les territoires occupĂ©s par les nazis avait en rĂ©alitĂ© Ă©tĂ© soigneusement planifiĂ©e. Le monde entier s’est indignĂ© devant un tel dĂ©ferlement de haine et de violence, et les protestations ont fusĂ© de toutes parts. Quelques semaines plus tard, la Grande-Bretagne a offert refuge Ă  des enfants juifs, une initiative humanitaire appelĂ©e Kindertransport. Notre fils Milan et son cousin Harry, tous deux ĂągĂ©s de 4 ans Ă  peine, avaient Ă©tĂ© inscrits sur une liste, mais l’idĂ©e de laisser partir de si jeunes enfants nous a fait changer d’avis.

Beaucoup d’Allemands ayant Ă©galement rĂ©prouvĂ© ces mesures si destructrices, si violentes, les nazis ont compris qu’ils devaient empĂȘcher un tel Ă©vĂ©nement de se reproduire – du moins publiquement. Si certaines personnes s’opposaient aux mauvais traitements infligĂ©s Ă  un sympathique marchand du voisinage, d’autres estimaient que cela devait se faire, mais Ă  l’insu du monde. Cette derniĂšre position constituerait la politique officielle des nazis jusqu’à la fin.

Peu aprĂšs notre mariage, Arnold avait ouvert une bijouterie avec mon frĂšre Erna. Avant NoĂ«l 1938, mon mari a nĂ©anmoins dĂ©cidĂ© de fermer le commerce Ă  Prague et l’a vendu pour presque rien au frĂšre d’un de ses amis, Cenek Sykora. Le transfert de propriĂ©tĂ© a eu lieu le 1á”‰Êł janvier 1939. Cette dĂ©cision s’est imposĂ©e d’elle-mĂȘme Ă  la suite d’un incident avec un mendiant. Mon mari donnait rĂ©guliĂšrement des aumĂŽnes le vendredis. Un jour, le mendiant en question en a insolemment demandĂ© davantage. Pour toute rĂ©ponse, Arnold a calmement et silencieusement remis l’argent dans son tiroir. Le mendiant est alors allĂ© Ă  la porte du magasin et s’est mis Ă  crier aux passants que le Juif Ă©tait en train de le battre. Une foule a commencĂ© Ă  s’amasser devant l’entrĂ©e. Mais, heureusement, des policiers qui connaissaient mon mari ont emmenĂ© le mendiant et mis fin Ă  l’incident sans tarder. Pour Arnold, toutefois, cet Ă©pisode indiquait clairement, une fois encore, que les temps changeaient : ce qui subsistait de la RĂ©publique ne durerait pas bien longtemps....

À la fin du mois de fĂ©vrier 1939, Arnold a envoyĂ© en Suisse mon frĂšre Vilda, avocat cĂ©libataire, pour qu’il s’occupe de certaines transactions financiĂšres en son nom – Arnold avait fait sortir de l’argent et des bijoux du pays par des gens qui recevaient 25 cents pour chaque dollar passĂ©. Vilda devait attendre en Suisse que les passeurs lui remettent l’argent qu’il devait ensuite dĂ©poser dans une banque du pays. Lorsqu’il nous a tĂ©lĂ©phonĂ© pour nous dire qu’il avait accompli sa tĂąche et qu’il rentrait chez nous, Arnold lui a demandĂ© de rester sur place encore un peu. Vilda a eu de la chance : quelques jours plus tard, le 15 mars 1939, les nazis ont occupĂ© la TchĂ©coslovaquie. Au moins l’un d’entre nous se trouvait dans le monde libre.

Impossible d’oublier ce jour dĂ©primant oĂč l’Europe centrale a vu disparaĂźtre sa derniĂšre oasis de dĂ©mocratie. Mon mari avait eu raison d’envisager la fuite : « Partez n’importe oĂč, disait-il aux gens, partez aussi loin que possible ».

En ce terrible mercredi 15 mars 1939, Andulka est venue me rĂ©veiller Ă  6 heures du matin pour me dire que les troupes d’Hitler Ă©taient en route vers Prague. Nous nous sommes levĂ©s et nous lui avons demandĂ© de prĂ©parer une valise pour mon mari et moi. La gardienne d’enfants s’occuperait de la leur. Sans mĂȘme en discuter, nous avons dĂ©cidĂ© de nous rendre chez mes parents....

Nous Ă©tions si pressĂ©s de quitter la maison que nous n’avons mĂȘme pas eu le temps de prĂ©venir mes parents de notre arrivĂ©e. Il est intĂ©ressant de voir comment l’esprit de famille s’est immĂ©diatement mis en action. Nous avons garĂ© notre voiture devant leur immeuble et, une heure plus tard, mon frĂšre est arrivĂ© avec sa femme, Hilda, et leur bĂ©bĂ©, Eva (Erna et Hilda s’étaient mariĂ©s le 28 octobre 1937 et leur premiĂšre fille, Eva, Ă©tait nĂ©e un an plus tard, le 29 octobre 1938). Sans nous consulter, nous nous Ă©tions tous rĂ©unis lĂ , d’instinct. À partir de ce jour, nous sommes restĂ©s dans l’appartement de mes parents au 18, rue CeletnĂĄ, en plein coeur de Prague – ils vivaient au-dessus de la bijouterie qu’Arnold avait naguĂšre possĂ©dĂ©e. Sans tarder, mon mari a quittĂ© l’appartement afin d’obtenir un visa de sortie pour chacun de nous. Il est revenu dans l’aprĂšs-midi, dĂ©couragĂ©, n’ayant pu se procurer qu’un visa – pour lui-mĂȘme. Il l’avait payĂ© 50 000 korun, ce qui n’était pas grand-chose. À cette Ă©poque, le taux de change avait chutĂ© d’environ 30 Ă  600 korun pour un dollar amĂ©ricain. Le document ne lui avait donc coĂ»tĂ© qu’environ 83 dollars. Le visa Ă©tait valable dix jours, mais il a dĂ» le laisser expirer car il ne serait jamais parti sans le reste de la famille.

The Aktion

A Lasting Legacy

And then came the bloody day of October 28, 1942, which I will never forget for as long as I will live. It was a beginning in my life and the day that I changed from a child to a serious man who survived four years in many concentration camps, and who survived only with the thought of revenge on the bloody German murderers.

Now I will describe that one day:

We got up that morning to go to work, when all of sudden we heard our mother screaming as she looked through the window (our window was facing outside of the ghetto). We all ran to look and we saw what we had been afraid of for quite a while. The ghetto was surrounded by SS troops specially trained for “liquidations” (killings) of Jews. What the word Aktion means we now know very well. It means hundreds of dead people and thousands taken for transport to an unknown destination (later on we found out that the unknown destination was the crematoria in BeĆ‚ĆŒec, Treblinka, Majdanek and many others, where we lost millions of our brothers).

You have to forgive me, dear uncle, for the chaos in my writing, but when I start to remember the horrible times, then I can write only the way that I remember. Well, let us continue.

We are sitting and huddling together in one room, because we’re not allowed to go out, and listening to any noises coming from outside where, in the meantime, it was very quiet (quiet before the storm). Mother is crying very quietly; she knows that something very terrible is coming. We are trying to assure her that everything will be okay. I felt like a grown-up person, although I was only sixteen years old.

Our thoughts were with you in far-away Palestine, where most likely you had no idea what was going on here.

All of sudden, we start to hear a few shots and then a whole volley. It had started! We hear crying, yelling, moaning, and we know for sure that there must be many dead. Mother is crying together with our small cousin, who was living with us with his mother, Aunt Sally.

Then we hear heavy steps of the SS coming to our door. They are here! We are sitting together hugging each other, waiting for something terrible to happen. Then, the steps stopped right in front of our door ... a big bang and they are in. Sadistic faces with sadistic smiles slowly coming toward us.

One of them gives a yell: “Now I’ll deal with these damn Jews!”

One of the beasts started to beat my dearest mother. Then something snapped in me. Blindly, and with the most hate I could muster to the animal who could raise a hand to my mother, I threw myself on him with the fist. Me, a sixteen-year-old boy, trying to fight the big German.

I can still hear his sadistic laugh together with my mother’s scream. Then I felt a blow to my head and I lost consciousness. I was left for dead. They left me bleeding on the floor. In the evening, a few of the boys, who were working in the Gestapo headquarters (cleaning the toilets), found me on the floor. They said that I was very lucky (lucky, who in few minutes had lost everybody). I did not cry. I swore to myself that if I survive, I will seek revenge.

Que renaisse demain, Elsa Thon

Ambitieuse et volontaire, Elsa Thon, 16 ans, travaille comme apprentie photographe dans sa ville natale, PruszkĂłw, en Pologne, lorsque les nazis envahissent son pays en 1939. Elle mobilisera toute son intelligence et son Ă©nergie durant les terribles annĂ©es d’occupation, durant lesquelles elle ira de ghetto en ghetto, rejoindra un mouvement de jeunesse sioniste et sera recrutĂ©e par la RĂ©sistance juive. Elsa Thon affrontera les multiples dangers avec une maturitĂ© hors du commun. RĂ©cit du passage de l’enfance Ă  l'Ăąge adulte, Que renaisse demain s’enrichit d’un art de conter hĂ©ritĂ© de la tradition familiale.

Préface de Sylvia Vance

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Pologne
Ghettos de Varsovie et de Cracovie
RĂ©sistance
Fausse identité
Camps de travaux forcés
IsraĂ«l d’aprĂšs-guerre; Argentine
Immigration au Canada en 1980
Tranche d'ùge recommandée
16+
Langue
Français

336 pages

À propos de l'auteure

Photo of Elsa Thon

Elsa Thon est nĂ©e en 1923 Ă  PruszkĂłw (Pologne). AprĂšs la guerre, elle a Ă©pousĂ© Mayer Thon avec qui elle s’est installĂ©e en IsraĂ«l en 1948. Ils ont immigrĂ© en Argentine en 1955, oĂč Elsa a travaillĂ© dans un studio de photographie et a Ă©levĂ© ses enfants. En 1980, Elsa et Mayer se sont Ă©tablis Ă  Toronto pour se rapprocher de leur famille. Les mĂ©moires d'Elsa ont Ă©galement Ă©tĂ© publiĂ©s en espagnol et en polonais. Elsa Thon est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2019.

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From Generation to Generation, Agnes Tomasov

Hiding from the Nazis in the forests of Slovakia’s Low Tatra Mountains in the fall of 1944, in constant danger from the Germans occupying nearby villages, fourteen-year-old Agnes Grossmann and her family make the daring decision to escape high into the mountains and hike along treacherous ice-covered peaks to safety. Twenty-four years later, Agnes Tomasov – now married with two children – finds herself on the run from post-war Czechoslovakia’s Communist regime and defects to Canada with her family, carrying only what they can fit in two suitcases. Her sweeping memoir of life under two totalitarian regimes is an extraordinary and inspiring tale of courage, love and hope in the face of tragedy. Imbued with the author’s warmth, unflagging resilience and determined independence, From Generation to Generation is a true testament to the strength of the human spirit.

Introduction by Harold Troper

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Slovaquie
Clandestinité
TchĂ©coslovaquie d’aprĂšs-guerre
Vie en pays communiste
Immigration au Canada en 1968
Adaptation Ă  la vie canadienne
Épouse de Joseph Tomasov, publiĂ© dans la Collection Azrieli
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Anglais

240 pages

MĂ©daille d’argent 2011 dĂ©cernĂ©e lors des Independent Publisher Book Awards en 2011

À propos de l'auteure

Photo of Agnes Tomasov

Agnes Tomasov est nĂ©e le 16 juin 1930 Ă  Bardejov (Slovaquie). En 1968, elle, son mari et leurs deux enfants ont fui le rĂ©gime communiste tchĂ©coslovaque pour venir au Canada, oĂč ils se sont installĂ©s Ă  Toronto.

De génération en génération, Agnes Tomasov

En 1944, Agnes Grossman, adolescente tchĂ©coslovaque, s’est rĂ©fugiĂ©e avec sa famille dans les forĂȘts des Basses Tatras pour Ă©chapper aux nazis. Mais, devant l’avancĂ©e des Allemands, la famille tente l’impossible : fuir l’occupant en franchissant des sommets montagneux escarpĂ©s et enneigĂ©s. Plus tard, Agnes Tomasov, mariĂ©e et mĂšre de famille, est Ă  nouveau en fuite pour Ă©chapper au rĂ©gime communiste en TchĂ©coslovaquie. Avec sa famille, elle trouve asile au Canada. Ses mĂ©moires tĂ©moignent de la vie sous deux rĂ©gimes totalitaires et nous interpellent par le caractĂšre exceptionnel des situations Ă©voquĂ©es et par le courage nĂ©cessaire pour rĂ©sister Ă  la barbarie environnante.

Préface de Harold Troper

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Slovaquie
Clandestinité
TchĂ©coslovaquie d’aprĂšs-guerre
Vie en pays communiste
Immigration au Canada en 1968
Adaptation Ă  la vie canadienne
Épouse de Joseph Tomasov, publiĂ© dans la Collection Azrieli
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Français

264 pages

MĂ©daille d’argent 2011 dĂ©cernĂ©e lors des Independent Publisher Book Awards en 2011

À propos de l'auteure

Photo of Agnes Tomasov

Agnes Tomasov est nĂ©e le 16 juin 1930 Ă  Bardejov (Slovaquie). En 1968, elle, son mari et leurs deux enfants ont fui le rĂ©gime communiste tchĂ©coslovaque pour venir au Canada, oĂč ils se sont installĂ©s Ă  Toronto.

From Loss to Liberation (Traduction française à venir), Joseph Tomasov

Le soulĂšvement national slovaque de l'automne 1944, bien qu'il ait mis la vie de Joseph Tomasov en pĂ©ril, a permis sa survie au gĂ©nocide. Constamment ciblĂ© par les persĂ©cutions nazies et slovaques, Joseph n'a pour seule issue que de s'engager dans la RĂ©sistance et faire face aux dangers de la vie clandestine, jusqu'Ă  sa libĂ©ration en 1945. Dix ans plus tard, alors qu'il a fondĂ© une famille, la vie de Joseph est de nouveau bouleversĂ©e quand il est arrĂȘtĂ© par le rĂ©gime communiste tchĂ©coslovaque et qu'il encourt une peine de vingt-cinq ans d'emprisonnement. AprĂšs avoir reconstruit sa vie, Joseph et sa famille font alors face Ă  une autre menace et il est contraint de trouver son propre chemin vers la libertĂ©. From Loss to Liberation est l'histoire poignante d'un jeune homme qui n'abandonne jamais et qui finit par rĂ©aliser ses espoirs et ses rĂȘves au Canada.

Préface de Nina Paulovicova

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Slovaquie
Camp de travaux forcés
RĂ©sistance
SoulĂšvement national slovaque
TchĂ©coslovaquie d’aprĂšs-guerre
Emprisonné par le régime soviétique aprÚs la guerre
Immigration au Canada en 1968
Époux d’Agnes Tomasov, publiĂ© dans la Collection Azrieli
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Anglais

216 pages

À propos de l'auteur

Photo of Joseph Tomasov

Joseph Tomasov est nĂ© le 25 mai 1920 Ă  TrstenĂĄ (Slovaquie). AprĂšs la guerre, il a obtenu un diplĂŽme d’ingĂ©nieur de l’UniversitĂ© Charles de Prague. Joseph a Ă©migrĂ© au Canada avec sa femme Agnes et leurs deux enfants en novembre 1968, suite Ă  l’invasion de la TchĂ©coslovaquie par les SoviĂ©tiques. Joseph est dĂ©cĂ©dĂ© en 2019.

Alone in the Storm, Leslie Vertes

In 1944, twenty-year-old Leslie Vertes escapes from a forced labour detail in Budapest and miraculously survives by assuming a false identity. About to taste freedom and security as the end of the war nears, his liberation is short-lived when he is caught by the new Soviet regime and sent for two years of back-breaking labour and captivity. While rebuilding his life and finding love, Leslie is once again threatened during the 1956 Hungarian uprising, and he must run for his life. Arriving in Canada with his family, Leslie finds hope again as he finally tastes true freedom.

Introduction by Christine Schmidt

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Hongrie
Travaux forcés
Fausse identité
Régime des Croix fléchées
SiĂšge de Budapest
Camps de travaux forcés en Union soviétique aprÚs la guerre
RĂ©volution hongroise de 1956
Immigration au Canada en 1957
Adaptation Ă  la vie canadienne
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Anglais

192 pages

À propos de l'auteur

Photo of Leslie Vertes

Leslie Vertes est nĂ© en 1924 Ă  Ajak (Hongrie). Il a immigrĂ© avec sa famille au Canada en 1957. TrĂšs engagĂ© dans l’enseignement de l'histoire de l’Holocauste, Leslie a fait du bĂ©nĂ©volat pour plusieurs organisations. Il a reçu en 2015 la MĂ©daille de la paix du YMCA du QuĂ©bec et le Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral pour l’entraide, en reconnaissance de son bĂ©nĂ©volat et de sa contribution Ă  la communautĂ©. Leslie rĂ©side Ă  MontrĂ©al.

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Seul dans la tourmente, Leslie Vertes

En 1944, le jeune Leslie Vertes, ĂągĂ© de 20 ans, s’évade d’une unitĂ© de travaux forcĂ©s Ă  Budapest et parvient Ă  survivre sous une fausse identitĂ©. À l’issue de la guerre, alors qu’il pensait vivre libre et sans crainte, le nouveau rĂ©gime soviĂ©tique l’envoie en captivitĂ©, le condamnant Ă  des travaux Ă©reintants. Leslie finit par reconstruire sa vie et rencontrer l’amour, jusqu’à ce que la rĂ©volution hongroise de 1956 le contraigne Ă  fuir son pays. C’est en arrivant au Canada avec sa famille que Leslie dĂ©couvre enfin l’espoir et le vrai goĂ»t de la libertĂ©.

Préface de Christine Schmidt

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Hongrie
Travaux forcés
Fausse identité
Régime des Croix fléchées
SiĂšge de Budapest
Camps de travaux forcés en Union soviétique aprÚs la guerre
RĂ©volution hongroise de 1956
Immigration au Canada en 1957
Adaptation Ă  la vie canadienne
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Français

208 pages

À propos de l'auteur

Photo of Leslie Vertes

Leslie Vertes est nĂ© en 1924 Ă  Ajak (Hongrie). Il a immigrĂ© avec sa famille au Canada en 1957. TrĂšs engagĂ© dans l’enseignement de l'histoire de l’Holocauste, Leslie a fait du bĂ©nĂ©volat pour plusieurs organisations. Il a reçu en 2015 la MĂ©daille de la paix du YMCA du QuĂ©bec et le Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral pour l’entraide, en reconnaissance de son bĂ©nĂ©volat et de sa contribution Ă  la communautĂ©. Leslie rĂ©side Ă  MontrĂ©al.

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Knocking on Every Door, Anka Voticky

As Hitler’s army sweeps into Czechoslovakia in 1940, Anka Voticky, a twenty-five-year-old mother of two, her husband, Arnold, and her family flee halfway around the world to an unlikely refuge – the Chinese port of Shanghai. Estranged from all that is familiar, their security is threatened yet again when the Japanese occupying the city force the Jewish refugees into a ghetto. After the war, the Communist takeover of Czechoslovakia sends the Votickys on another harrowing journey out of Europe, this time to safety in Canada. Global in scope, Anka Voticky’s memoir provides a rare glimpse of the far-reaching impact of World War II. At the same time, Knocking on Every Door is an inspiring story of love, family commitment and Anka’s willingness to cross oceans in search of freedom and a better future for her children.

Introduction by Doris Bergen

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Tchécoslovaquie; Chine
Fuite
Ghetto de Hongkew Ă  Shanghai (Chine)
Immigration au Canada en 1948
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Anglais

192 pages

À propos de l'auteure

Photo of Anka Voticky

Anka Voticky est nĂ©e en 1913 dans la petite ville de BrandĂœs nad Labem, dans l’Empire austro-hongrois. En 1918, sa famille est partie Ă  Prague (TchĂ©coslovaquie, aujourd’hui en RĂ©publique tchĂ©que). En 1948, elle et les siens ont fui le rĂ©gime communiste tchĂ©coslovaque pour venir s’établir Ă  MontrĂ©al. Anka est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2014 Ă  l’ñge de 100 ans.

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Frapper Ă  toutes les portes, Anka Voticky

Tandis que l’armĂ©e d’Hitler fond sur la TchĂ©coslovaquie en 1940, Anka Voticky, son mari Arnold, ses enfants et sa famille trouvent un refuge inattendu Ă  l’autre bout du monde : Shanghai. Leurs existences sont encore une fois menacĂ©es lorsque l’occupant japonais enferme les rĂ©fugiĂ©s juifs dans un ghetto. Au lendemain de la guerre, la prise de pouvoir communiste en TchĂ©coslovaquie force les Voticky Ă  un autre voyage dĂ©chirant vers un lieu sĂ»r, le Canada. Ces mĂ©moires nous montrent l’impact international de la Seconde Guerre mondiale. Ils sont aussi l’histoire d’une famille unie qui n’hĂ©sitera pas Ă  traverser les ocĂ©ans pour assurer sa survie et un futur meilleur Ă  ses enfants.

Préface de Doris Bergen

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Tchécoslovaquie; Chine
Fuite
Ghetto de Hongkew Ă  Shanghai (Chine)
Immigration au Canada en 1948
Tranche d'ùge recommandée
14+
Langue
Français

224 pages

À propos de l'auteure

Photo of Anka Voticky

Anka Voticky est nĂ©e en 1913 dans la petite ville de BrandĂœs nad Labem, dans l’Empire austro-hongrois. En 1918, sa famille est partie Ă  Prague (TchĂ©coslovaquie, aujourd’hui en RĂ©publique tchĂ©que). En 1948, elle et les siens ont fui le rĂ©gime communiste tchĂ©coslovaque pour venir s’établir Ă  MontrĂ©al. Anka est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2014 Ă  l’ñge de 100 ans.

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Carry the Torch/A Lasting Legacy (Traduction française à venir), Sam Weisberg, Johnny Jablon

Les tourments de la guerre et les persĂ©cutions mĂšnent Sam et Johnny au camp de travaux forcĂ©s de PlaszĂłw, en Pologne. En 1943, les deux adolescents goĂ»tent rapidement aux mĂ©thodes brutales du nouveau commandant, Amon Göth. Par chance, Sam devient le domestique de ce dernier, un poste privilĂ©giĂ© bien que risquĂ©, tandis que Johnny trouve un emploi dans l’atelier de menuiserie, devenant « utiles » tout en continuant de vivre dans la peur permanente. Les deux garçons ont le sentiment de marcher sur la corde raide car, au moindre faux-pas, ils risquent de devenir la cible de la cruautĂ© imprĂ©visible de Göth. Suite Ă  leur dĂ©portation, alors qu'ils empruntent des trajectoires diffĂ©rentes, leurs expĂ©riences Ă  Plaszow leur rappellent constamment que leur destin peut changer en un instant. Carry the Torch et A Lasting Legacy sont les rĂ©cits Ă  la fois diffĂ©rents et comparables de deux hommes qui, en tant qu’uniques survivants de leurs familles respectives, doivent trouver leur propre voie Ă  la fin de la guerre, et dĂ©cider s’ils veulent ou non tourner la page et laisser leurs histoires tomber dans l’oubli.

Préface de Joanna Sliwa

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En bref
Sam Weisberg:
Pologne
Camp de travaux forcés de Plaszow; Camps de concentration
Marche de la mort
Camp de personnes dĂ©placĂ©es, Allemagne d’aprĂšs-guerre)
Immigration au Canada en 1959
Johnny Jablon:
Pologne
Camp de travaux forcés de Plaszow
Camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau
Marche de la mort
Camp de personnes dĂ©placĂ©es, Autriche d’aprĂšs-guerre)
Projet des orphelins de guerre
Immigration au Canada en 1948
Matériel pédagogique disponible: Activité Johnny Jablon
Tranche d'ùge recommandée
16+
Langue
Anglais

256 pages

À propos de l'auteur

Photo of Sam Weisberg

Sam Weisberg (nĂ© Avraham Gajer) est nĂ© en 1927 Ă  ChorzĂłw (Pologne). AprĂšs la LibĂ©ration, il a vĂ©cu dans le camp de personnes dĂ©placĂ©es de Bergen-Belsen, oĂč il y a fait la connaissance de sa future femme, Rosa. Ils ont immigrĂ© Ă  Toronto en 1959. Sam Weisberg est dĂ©cĂ©dĂ© en 2019.

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À propos de l'auteur

Photo of Johnny Jablon

Johnny (Ephroim) Jablon (nĂ© Jan Rothbaum) est nĂ© en 1926 Ă  Cracovie (Pologne). AprĂšs la guerre, Johnny a vĂ©cu dans le camp de personnes dĂ©placĂ©es de Bindermichl (Autriche). En tant qu’orphelin de guerre, il a immigrĂ© en 1948 Ă  MontrĂ©al, oĂč il vit encore aujourd’hui.

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